Sauveterre-de-Béarn entre légende et renouveau

Depuis la terrasse de Sauveterre-de-Béarn, l’horizon pyrénéen et le gave en contrebas se disputent l’attention du spectateur.  Avec sa géographie, Sauveterre a tout pour garnir l’été des épicuriens qui savent prendre leur temps. En effet, le bienfaiteur gave d’Oloron attire aussi à lui une nouvelle vague d’habitants. Une jeunesse inspirée qui voit dans cette rivière la meilleure hypothèse d’avenir. Après tout Sauveterre, ancienne sauveté, portait dès le Moyen-Âge la promesse d’immunité. Et si c’était pour maintenant ? 

Sauveterre-de-Béarn

Pour attraper Sauveterre-de-Béarn d’un seul coup d’œil, il suffit de se rendre sur la terrasse entre la mairie et l’église, et de se poster au bord du glacis. À droite, la trilogie sauveterrienne, l’église Saint-André, la tour Monréal et le Pont de la Légende. En contrebas, la quatrième pièce du jeu, le gave d’Oloron. La rivière a pratiqué à cet endroit une incision baptisée l’île de la Glère. Ne pas se fier au nom (le glè désigne un taillis sur les bords du gave), l’île de quatre hectares est un petit bijou, parfait pour prendre le frais quand ça cogne.
Sauveterre-de-Béarn
Une promenade fait le tour de la petite île à la nature préservée et classée Espace Naturel Sensible. Quelques serviettes sont posées sur les berges. Les locaux sont très attachés à la quiétude des lieux et on les comprend. Pour s’offrir ces instants souverains sur l’île de la Glère, il suffit d’emprunter la passerelle qui enjambe le gave à côté du Pont de la Légende.

Sauveterre-de-Béarn

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La reine Sancie sauvée des eaux

En premier lieu, en face de l’île, sur l’autre berge se trouve la guinguette Au Fil de l’Eau. L’Anglaise Sally Johnson a ouvert cette oasis d’été en 2004 avant d’en confier les rênes à son gendre, Dimitri Carpentier en 2022. La petite restauration y est soignée et les soirées musicales prolongent le bonheur d’être là. 

Que le gave soit un bienfaiteur à Sauveterre-de-Béarn, cela n’étonne personne et ne date pas d’hier. À quelques mètres de là, sous le Pont de la Légende, le gave d’Oloron a déjoué le sort réservé à la reine Sancie. Mais alors qu’elle vient de perdre son époux Gaston V décédé en 1170, la reine met au monde un enfant mort-né. Accusée par le tribunal du roi de Navarre à Pampelune d’avoir tué son enfant, elle est soumise au jugement de Dieu. Son châtiment se déroule à Sauveterre. Sous les yeux de la foule, la reine Sancie est jetée, pieds et poings liés, dans l’eau depuis le pont vieux. Finalement, la malheureuse dérive mais s’échoue vivante sur une plage de sable. Le gave l’a lavée de son crime. 

Sauveterre-de-Béarn

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Enfin, on vous conseille la promenade balisée de 6,4 kilomètres qui fait le tour de l’île. Elle longe le gave pour atteindre la petite église romane de Sunarthe et revenir vers le centre du village.

Entre les vallons et la superbe route d’Orion
Pour deux heures de marche avec quelques dénivelés modestes mais ponctués de vues splendides sur les coteaux et les Pyrénées, direction le chemin de Labourt à la limite de Sauveterre et Salies-de-Béarn. Le chemin s’enfonce dans un vallon au creux duquel se trouve le moulin de Labour. On longe le moulin pour emprunter un petit pont et grimper dans le sous-bois. Ensuite, la balade rattrape alors une route que l’on emprunte sur la gauche.
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À l’église de Burgaronne continuer tout droit le long de la D23 pour passer devant la mairie et sa table d’orientation XXL. Au bout de 10 minutes, la départementale croise à gauche le chemin Hauquet. Après quelques mètres sur Hauquet, à la première maison, prendre à droite le chemin qui descend dans le bois et le suivre sur la droite jusqu’au franchissement du ruisseau de Lagouarde. Suivre la lisière du bois à gauche puis prendre à droite à travers champs. En grimpant, l’église de Burgaronne est visible à gauche. Une fois passé le centre équestre, le chemin débouche sur la superbe route de crête qui relie Orion à Sauveterre. Longue de six kilomètres, elle est bordée de très belles maisons et les points de vue sont magnifiques. Prendre la route sur la gauche pour rejoindre le point de départ, chemin de Labourt.

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Arrivée d’une vague de jeunes
Depuis quelques années, la géographie de Sauveterre attire de nouveaux habitants. Dans le village et ses environs, ils font émerger des lieux où s’enracinent de nouvelles pratiques agricoles et sociales. «  Le Béarn des gaves et avec lui les autres bassins du piémont pyrénéen sous influence océanique qui ont de l’eau ont aussi l’avenir pour eux et vont attirer du monde. À Sauveterre, c’est très marqué, avec l’arrivée d’une belle vague de jeunes. Des personnes avec des envies, mais aussi beaucoup de compétences et de matière grise. J’estime à une trentaine le nombre d’écolieux présents aujourd’hui dans le Béarn des gaves et qui font évoluer les pratiques agricoles et sociales » soutient Renaud Hermen, de la ferme Rhizome à Angous.
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Ce coin du Béarn offre des possibilités pour un autre modèle de production
Milena Till est arrivée en septembre 2020 et fait partie de ces nouveaux habitants conquis par Sauveterre-de-Béarn. C’est l’abondance de l’eau qui a guidé le choix de cette ingénieure agronome, spécialiste des sols. Son projet ? Un lieu de vie collectif, ouvert à des compétences diverses telles que l’agroécologie ou encore la menuiserie. Le projet prend forme dans l’ancienne ferme Prat, datant de 1747, en cours de restauration. De plus, elle est membre du collectif Les Gens du Gave, engagé dans la préservation du gave d’Oloron.
« J’ai pris les projections du GIEC sur la pluviométrie à 50 ans et sur la carte de France, dans la partie sud, ressortaient la Corrèze et les Pyrénées-Atlantiques. On est tombé amoureux de Sauveterre où des personnes avec des idées et des envies similaires s’étaient déjà installées. Aujourd’hui, dans notre quartier on compte trois collectifs sur une route d’un kilomètre. Le Béarn offre encore de la place pour des projets fondés sur le collectif, l’entraide et l’échelon local. Et avec ça, l’accès à la propriété est possible. En habitant ici on est beaucoup moins crispés sur le manque d’eau. Il suffit de se promener au pied du vieux Sauveterre, pour se retrouver dans une nature luxuriante qui appelle à ralentir et à prendre le temps de contempler. »
— Milena Till
La Légende ravit son monde

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En ville, deux lieux incarnent ce vent nouveau : La Légende qui a ouvert en 2018. Dans une ancienne maison, réputée la plus étroite de la rue, le restaurant d’Allistair Bellahsen distribue habilement les tables d’un bout à l’autre de la salle à manger et à l’étage. Ici le temps passe en assiettes du jour, en vins nature et en propos d’habitués. L’âme apparemment insouciante de ce restaurant laisserait à penser qu’il a toujours été là. « Il y a un bel attachement à cet endroit. Il se passe des choses à Sauveterre et en même temps dans une forme de discrétion. Je ne pense pas que Sauveterre deviendra Espelette » témoigne Allistair Bellahsen. À noter, le festival Amassa, organisé chaque année en septembre par le restaurateur.
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Bien plus qu’une épicerie, un lieu de vie
À quelques pas de là, se trouve l’Épicerie sans fin. Arrivée deux ans plus tôt dans le paysage sauveterrien, l’épicerie labellisée Espace de Vie Sociale fêtera ses 10 ans en 2026. Elle propose à la vente les denrées d’une quarantaine de producteurs établis dans un rayon de 50 kilomètres autour de Sauveterre. Cependant, on ne fait pas qu’y remplir son panier de courses. L’Épicerie sans fin c’est aussi un calendrier d’ateliers et de temps partagés autour des langues, de la couture, du dessin, de la cuisine… Et c’est comme cela que 4 000 personnes poussent les portes de l’épicerie durant l’année. Il faut dire que ce lieu singulier a tout pour s’y sentir bien et la convivialité y donne libre cours.
Sauveterre-de-Béarn
Tout près de l’épicerie, c’est une restauration dans les règles de l’art qui tire de sa torpeur l’immense bâtisse de l’Hostellerie du château. Combien de mariages, communions et baptêmes célébrés entre ces murs fermés depuis 20 ans ? La destination du lieu acquis par une dirigeante de L’Oréal est bien celle d’une résidence privée. Mais tout le monde ici se réjouit de voir ce qu’ont accompli les nouveaux propriétaires.
Et voilà qu’en laissant Sauveterre-de-Béarn en direction de Navarrenx, le quartier Camu de Barraute-Camu réserve un joli coin de fraîcheur. C’est au lieudit L’Abreuvoir avec sa cabane de pêcheurs au bord du gave d’Oloron. Adorable endroit, où l’on accède par la route de l’Abreuvoir et dont on a envie de prendre soin en ne laissant aucune trace de son passage avant de le quitter.
Compléments d’adresses
Le bar-restaurant de la Mairie
Un incontournable pour manger ou boire un coup en terrasse, notamment le samedi matin à l’occasion du marché hebdomadaire.
La tour Monréal
Cette tour de défense de quatre étages sauvée de la ruine au XVIIIe siècle par la famille Monréal a été aménagée puis ouverte au public en 2016 grâce aux Amis du vieux Sauveterre. Elle abrite la maquette de Sauveterre fortifié, réalisée en petites pierres de calcaire par un enfant du pays aujourd’hui disparu, André-Jospeh Gastellu.
La pâtisserie Charrier
Il ne faut écouter que ses envies surtout si elles se portent sur le gâteau basque de la maison Charrier.
La boucherie charcuterie Ihidoy
Depuis 1977, Jean-Michel Ihidoy sert une clientèle abonnée à la qualité supérieure de ses spécialités.

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images Jean-Christophe Chartre

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